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Lot 116 - RARE PAIRE D'AIGUIERES en porcelaine craquelée, dite " céladon ", à monture en [...]

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RARE PAIRE D'AIGUIERES en porcelaine craquelée, dite " céladon ", à monture en bronze finement ciselé et doré ; les déversoirs à palmettes et quadrillages ; les anses à enroulements feuillagés, rubans et graines ; les bases à palmettes alternées de réserves quadrillées, moulures, agrafes et coquilles stylisées.
Epoque Louis XV (anciennes restaurations et ajout d'un motif feuillagé aux cols).
H : 31,5 cm.
Provenance : - Ancienne collection Dubois Chefdebien
- Vente à Paris, Me Ader, Hôtel Drouot, Collection Dubois Chefdebien, les 18-19 décembre 1940, lot 49.
- Ancienne Collection Jacques Guerlain (1874-193) - Paris. (étiquette de collection)
Bibliographie : Le Dix-huitième siècle français, Collection Connaissance des Arts, Hachette, Paris, 1956, p. 113 (illustrée).

Le XVIIIe siècle français est de toute évidence la période au cours de laquelle l'ensemble des individus et des personnalités nécessaires à une création artistique hors du commun fut rendue possible. En effet, artistes, artisans, mécènes privés, grands amateurs, princes et monarques, tendaient tous vers un même idéal de perfection et de raffinement et mirent tout en oeuvre pour parvenir à la création de pièces exceptionnelles, souvent uniques. Dans le domaine particulier des objets en porcelaine montés en bronze doré, la principale difficulté était de trouver des figures ou des vases suffisamment rares et précieux pour mériter d'être confiés à des bronziers, ciseleurs et doreurs et ainsi d'être agrémentés de montures de bronze finement ciselé et doré. Au milieu du XVIIIe siècle, à Paris, seuls quelques grands marchands-merciers tel le célèbre Lazare Duvaux avaient le quasi-monopole de cette sélection rigoureuse. Plusieurs possibilités d'acquisition étaient possibles, soit le marchand achetait des pièces qui se présentaient sur le marché de l'art, soit il commandait directement par l'intermédiaire de la puissante Compagnie des Indes des objets et des vases spécifiques. Mais relevons que le hasard n'avait que peu de place, car en fin de création la plupart des pièces montées valaient souvent plusieurs centaines de livres, prix déjà important et qui rendait ces objets décoratifs uniquement accessibles à quelques amateurs.

C'est dans ce contexte particulier que fut réalisée la paire d'aiguières que nous proposons. De nos jours parmi les rares aiguières ou buires à montures de bronze réalisées dans le même goût, parfois d'esprit nettement plus rocaille, citons particulièrement : un premier modèle qui appartient aux collections du Victoria & Albert Museum à Londres (illustré dans L. Scheurleer, Chinesisches und japanisches Porzellan in Europäischen Fassungen, Brunswick, 1980, p.328, fig.313) ; une paire, d'une garniture de trois vases, qui a été proposée aux enchères à Paris, Palais Galliera, Mes Ader-Picard-Tajan, le 24 novembre 1976 ; une autre paire se trouvait anciennement dans la collection de Madame Henry Farman (vente à Paris, Palais Galliera, Mes Ader-Picard-Tajan, le 15 mars 1973) ; une troisième paire, qui a la particularité d'offrir des vases en carton laqué bleu, est exposée au Musée Nissim de Camondo à Paris (voir P. Kjellberg, Objets montés du Moyen Age à nos jours, Les éditions de l'Amateur, Paris, 2000, p.63) ; un modèle en porcelaine grise craquelée est conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam (paru dans C. J.A. Jörg, Chinese ceramics in the collection of the Rijksmuseum, Amsterdam, 1997) ; enfin, mentionnons une dernière paire d'aiguières montées dans le meme esprit qui figure dans les collections du Fine Arts Museums de San Francisco (reproduite dans le catalogue de l'exposition Mounted Oriental Porcelain, International Exhibitions Foundation, Washington, 1986, p.26).
Expert : Cabinet Etienne-Molinier

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Thème : Céramique, Verrerie Ajouter ce thème à mes alertes